LE CHOIX || Spectacle de mouvement et de marionnettes pour adultes
« Les souvenirs ne sont souvent que des fragments, de brefs instants ou des effleurements, dont se compose le collage de la vie. La mémoire est une terre intouchable. Mais elle est peuplée de fantômes. » (Edith Eger, « Le Choix ») Pendant la Seconde Guerre mondiale, Edita Eger fut déportée avec sa mère, son père, sa sœur et d'autres familles juives au camp de concentration d'Auschwitz. Elle, danseuse de ballet et gymnaste, dansa devant Josef Mengele, surnommé l'ange de la mort. La conviction que tout ce qui se passait était temporaire, qu'elle reverrait bientôt son amoureux et ses parents, aida Edita à trouver la force d'endurer non seulement l'horreur, la cruauté, l'humiliation, la déshumanisation, le travail épuisant, la faim, les maladies, la Marche de la mort, mais aussi la vie après : « Quand nous avons été libérés, j'étais si faible que je ne pouvais même pas parler, incapable de bouger, allongée parmi les cadavres. Nous étions libres, mais ne savions que faire de notre liberté. » Les deux parents d'Edita moururent dans la chambre à gaz. Son petit ami fut tué la veille de la libération. Il fallut de nombreuses années avant qu'Edita apprenne à pardonner – non seulement aux autres, mais aussi à elle-même. Par son expérience unique, elle invite tous ceux qui souffrent à affronter leurs traumatismes et à choisir la liberté d'en sortir : « Vous ne pouvez pas changer ce qui s'est passé, vous ne pouvez pas changer ce que vous avez fait ou ce qui vous a été fait. Mais vous pouvez choisir de vivre maintenant. » Dans ce spectacle inspiré du livre d'Edita Eger « Le Choix », c'est à travers le mouvement, la danse, des fragments de souvenirs et des marionnettes que l'on cherche à raconter l'histoire d'une femme qui a vu de ses propres yeux la cruauté insondable de l'humanité, qui a longtemps gardé en elle ses souvenirs et qui a fini par comprendre que la vraie liberté, la vraie délivrance de la prison, adviendrait le jour où elle oserait retourner là d'où beaucoup ne sont jamais revenus... C'est l'histoire de nous tous. L'histoire d'êtres humains ayant traversé de dures épreuves, incapables de lâcher les fantômes du passé, enfermés dans la prison de leurs propres pensées. « Ce matériau m'a choisie... Quand j'ai lu « Le Choix », j'ai pensé que c'était un livre si bouleversant, si inspirant, si transformateur... mais était-il possible de le transposer sur la scène d'un théâtre de marionnettes ? Je l'ai repoussé, j'ai cherché autre chose, mais ce livre ne m'a pas lâchée... et je l'ai laissé entrer. Je poursuis mon voyage dans la dualité. Je cherche la transformation du vivant et du non-vivant . Le mouvement, la figure et l'être humain... Sur scène volent des fragments d'être humain, des enveloppes, des souvenirs d'une vie passée, qui ne sont que « des fragments, de brefs instants ou des effleurements, dont se compose le collage de la vie ». Nous vivons constamment parmi eux. Ils nous enveloppent, nous gênent, et parfois nous poussent en avant. Je crois qu'il est important de rencontrer ses fantômes, de les regarder dans les yeux et de les laisser partir. De choisir la vie, la lumière », confie la metteuse en scène du spectacle, Gintarė Radvilavičiūtė.
Adresas: Vilniaus teatras „Lėlė“
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